Jusqu’où doit-on aller pour exposer son travail ? Que faut-il sacrifier à sa visibilité ? Comment résister aux commandes tacites de l’insti-tution ou du marché ? Ces questions certains artistes sont malheu-reusement plus obligés de se les poser que d’autres. Constamment référés à leurs « origines », comme si leurs œuvres étaient des pro-duits d’appellation contrôlée, ces artistes sont assignés à leur identi-té culturelle. Comme l’expliquait Hassan Musa dans nos colonnes, l’identité et ses blessures sont autant de « pièges confortables » dans lesquels il n’est pas toujours facile de ne pas tomber. Ainsi beaucoup d’artistes semblent s’être résolus à faire de l’articulation des diverses identités culturelles dont ils sont porteurs l’axe princi-pal de leur travail.